Le chant, ou l’impermanence de la vie.

La semaine passée, pendant 48 heures, Gallus n’avait plus de site Internet. Enfin si, il y avait bien un site Gallus, sauf qu’il n’affichait plus aucun contenu. Ni rubrique, ni article, rien. Piratage informatique ? Ciblé ? Peu importe… La vraie question était : avions-nous effectué une sauvegarde récente de notre site ?

Non.

De cette manière – c’est-à-dire bêtement, on vous l’accorde -, l’impermanence de la vie s’est rappelée à notre bon souvenir. Si jamais nous n’y pensions plus, d’un coup, le fait que tout a une fin nous a sauté à la figure. Quelle trace allons-nous laisser sur cette planète ? Si on en laisse une, sera-t-elle positive ? (Sachant bien que chacun voit midi à sa porte et que tout le monde a ses raisons, hein…) L’une de nos dernières chansons met d’ailleurs en musique ce questionnement : À quoi ça rime, la vie ?

Puis, passé ce moment de réflexion nombriliste, nous avons tourné dans tous les sens cet état d’impermanence et nous sommes rendus compte que rien ne dure indéfiniment. Même pas cette société dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas, et de laquelle nous chantons ce qui nous semble être les travers. (Là, nous vous renvoyons vers notre premier album qui dénonce pêle-mêle l’usage des pesticides, la surconsommation, l’héritage qui entretient les inégalités, les religions, le nucléaire, la télévision, la disparition de nos vies privées via le numérique non libre, etc.)

C’est pour ça que nous chantons.

Nous chantons parce que nous refusons d’admettre que « c’est comme ça ». (Vous savez ? Ce dernier rempart des parents fatigués qui n’ont plus la force ou la volonté d’expliquer à leurs enfants pour quelles raisons ils ne peuvent pas faire tout ce qu’ils veulent.) « C’est comme ça. » Cette affirmation est le contraire d’un argument.

Et, au même titre qu’Henri IV a changé cinq fois de religion ; que Jean-Baptiste André Godin a privilégié l’évolution sociale et égalitaire plutôt que la transmission d’un héritage familial (nous vous renvoyons vers son ouvrage, Solutions sociales, présent dans notre Gallusothèque) ; que Robert Bilott s’est attaqué à un poids lourd de l’industrie chimique alors qu’il était destiné à faire une carrière au service des industriels (nous vous conseillons d’aller voir Dark Waters au cinéma, le dernier film de Todd Haynes) ; nous pensons que toutes les bonnes volontés peuvent contribuer à faire bouger les murs dont les fondations nous paraissent de prime abord très solides.

Pour cette raison nous continuerons à chanter. Même si nous ne laisserons pas plus de traces qu’une onde créée par un caillou lancé dans l’océan. Parce que nous sommes tous responsables de la société que nous laissons aux autres, aux générations futures comme aux générations présentes.

C’est aujourd’hui qu’il faut agir, pas demain.

Ah, et pour ceux qui se poseraient encore la question parce qu’ils seraient allés au bout de ce long article (merci à vous qui lisez ces mots, car votre lecture est un vrai soutien pour nous), apprenez que notre site Internet a simplement été victime d’une faille dans un thème WordPress, par laquelle un petit malin s’est amusé à introduire un virus qui vidait tous les sites possibles de leur contenu. Heureusement, notre hébergeur a pu remettre en ligne une sauvegarde automatique datant du jour d’avant.

Merci à ce pirate informatique qui a su nous remettre face à l’impermanence de la vie.

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