Sus au franglais ! Mise au point sur « J’ai mal à ma langue ».

Depuis une bonne quinzaine d’années, nous avons l’impression de faire face à une invasion de mots provenant d’outre-atlantique, principalement issus de deux domaines : le monde des affaires et les nouvelles technologies. Et on constate que nos concitoyens les utilisent sans même se demander s’il existe ou non un équivalent français ; ou si ce ne serait pas intéressant, voire amusant, de le créer dans le cas ou il n’existe pas.

La langue étant pour nous le reflet d’une culture, accepter ces mots anglais sans se poser de question revient, d’une certaine manière, à accepter la culture états-unienne d’un capitalisme sauvage et d’un individualisme forcené sans y réfléchir. Pour cette raison, nous avons écrit cette chanson en 2017, en rendant notamment hommage à nos cousins québécois qui, plus que nous aujourd’hui, s’appliquent à faire vivre notre langue.

Par exemple, en France, le mot utilisé pour parler de l’action de se prendre en photo soi-même en retournant son téléphone est « selfie ». Il s’agit tout simplement d’un autoportrait, mais c’est vrai que cette notion nous renvoie vers un univers pictural très attaché à l’histoire de la peinture. Eh bien nos cousins québécois ont créé un mot à la fois très parlant et très drôle : égoportrait. Et celui-ci permet de bien mettre en évidence le côté égocentrique de cette nouvelle habitude arrivée avec les « smartphones » (ordiphones ?).

Bref, tout ça pour dire que, parfois, voire souvent, nous avons mal à notre langue… alors qu’il ne tient qu’à nous de la faire vivre !


J’ai mal à ma langue.

J’ai mal à ma langue,
Le franglais m’étrangle.
Il faut changer l’angle
D’approche où ça tangue.

J’ai mal à ma langue de pute, d’argot,
Le franglais m’étrangle, business à gogo.
Il faut changer l’angle, le chiac, oui, c’est beau,
D’approche où ça tangue, faire naître les mots

De pute, d’argot, c’est toute notre histoire,
Business à gogo, qui part dans le noir.
Le chiac, oui, c’est beau, c’est même pas barbare,
Faire naître les mots, c’est là tout un art.

C’est toute notre histoire, l’patois c’est bien moi,
Qui parle dans le noir la langue d’autrefois.
C’est même pas barbare, ça témoigne de soi,
C’est là tout un art : vivre avec ses choix.

L’patois c’est bien moi, faire des mots de je.
La langue d’autrefois, la mienne si je veux.
« Ça témoigne de soi » chantent nos aïeux,
Vivre avec ses choix sans fermer les yeux…

La révolution digitale passe par le big data et le data sharing. Nos managers doivent adapter leur mindset et se référer en permanence au benchmarking, afin de faire évoluer les différents process permettant un turn-over intellectuel. Ayons un goût très challenging pour notre avenir.

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J AI MAL A MA LANGUE
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8 pensées sur “Sus au franglais ! Mise au point sur « J’ai mal à ma langue ».

  • 11 février 2020 à 13 h 17 min
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    J’adhère totalement à votre analyse ! Je me sens moins seul du coup, merci.

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    • 12 février 2020 à 11 h 31 min
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      Et merci à vous pour votre message ! 🙂

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  • 11 février 2020 à 16 h 48 min
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    J’approuve le message.
    La disparition de notre langue est une tragédie et bien que l’orthographe
    a toujours été une chose immaîtrisable pour ma part, je m’attache à avoir un Français orale correcte.

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    • 12 février 2020 à 11 h 33 min
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      Pour l’orthographe, il nous semble qu’il n’y a qu’une solution pérenne : lire beaucoup. Ce qui demande du temps et de la concentration, choses devenues parfois difficiles à avoir dans nos sociétés modernes.

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  • 12 février 2020 à 8 h 03 min
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    Le Franglais me dérange moins que ceux qui essaye d’utiliser des mots français erronés.

    Du type Digitale au lieu de Numérique (pour parler de l’anglais « Digital ») ou ceux qui disent crypter au lieu de chiffrer (mettre les données dans une crypte peut être un moyen de chiffrement remarque 😀 )

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    • 12 février 2020 à 11 h 26 min
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      Nous ne voulions pas écrire un article trop long, mais avec le terme « franglais » nous incluons bien les mots français dont vous parlez, Nourad, et qui sont détournés de leur sens originel à cause d’un faux ami anglais. L’exemple le plus typique est en effet le terme « digital » employé à la place du mot « numérique » parce qu’en anglais ce dernier se traduit par « digital ». Nous l’employons d’ailleurs sciemment dans le dernier paragraphe de notre chanson.

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  • 12 février 2020 à 20 h 46 min
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    Merci !

    « sans même se demander s’il existe ou non un équivalent français »

    En France, la situation est pire. Des mots existants sont systématiquement remplacés (et avec entrain). Par exemple les avions ne s’écrasent plus, ils se crashent et c’est un challenge de trouver la boite noire. Le live sur mytf1 nous en dira plus.

    Sur ce, c’est bientôt le week-end, alors je vous souhaite, un peu avance, une bonne fin de semaine!

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    • 15 février 2020 à 12 h 19 min
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      Merci pour ces nouveaux exemples de mots anglo-saxons invasifs !

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