En concert ce soir, vendredi 11 janvier, au Schmilblik, à partir de 20h.

Baiser volé.

Le premier poème a été écrit par Clément Marot à l’attention d’une Dame dont l’identité ne nous est pas parvenue ; le second est la réponse de cette Dame ; le troisième la réaction de Marot à cette réponse ; enfin, le quatrième est une réaction de notre part, le duo Gallus, à cet échange de rimes, en forme de conclusion.

Vous vous plaignez de mon audace
Qui ai pris de vous un baiser
Sans en requérir votre grâce
Venez vers moi vous apaiser
Je ne vous irai plus baiser (x2)
Sans votre congé, vu qu’ainsi
Il vous tient de ce baiser ci
Lequel, si bien l’ai osé prendre,
N’est pas perdu : je suis ici
En bon vouloir de le vous rendre. (x2)

Du baiser qu’avez soudain pris
Possible n’est d’en faire paye
Car vous n’en savez pas le prix
Et ne veux pas qu’on le me paye. (x2)
Mais si vous pensez que tort j’ai
D’obliger ainsi vous osez
Payez moi en autre monnaie
Autant qu’estimez le baiser. (x2)

De ce que ne choit sous un prix
Je ne saurais en rien méprendre
Quand on le rend comme on l’a pris
Par quoi ce baiser vous viens rendre
Tout ainsi que je le vins prendre. (x2)
Mais je n’oserais m’entremettre
De donner le prix ou l’y mettre
Car c’est finir chose infinie
Et donner cause de commettre
En l’état d’amour simonie. (x2)

Un baiser ne se vole pas,
Monsieur, gardez bien vos distances ;
Et on ne le quantifie pas
Madame, en monnaie, à outrance.
Les temps de changer sont bien las,
Et Dieu, à quelle appartenance
Puis-je prétendre ici bien bas ?
Ceci est ma dernière instance.

Si ces paroles vous plaisent, vous pourrez les écouter en musique ce soir au Schmilblik, un café associatif situé au 94, avenue Henri Ginoux à Montrouge. Le concert débute à 20h.

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